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  • : Un peu de tout sur n'importe quoi. Sérieusement sans se prendre au sérieux.
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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 17:11

Publié dans le Courrier Picard le 30 mars 2015

Mauvaise surprise. À plusieurs reprises, des candidats à des émissions de téléréalité ont exprimé, dans nos colonnes, leur déception, voire leur colère, après leur expérience télévisuelle. Outre que ce besoin qu’ont de plus en plus de gens de vouloir « passer à la télé », quitte à y vendre un peu de leur âme, ne cesse de me surprendre, je les trouve un tantinet crédules. Peut-être se laissent-ils simplement abuser par ce nom de « téléréalité ». Parce que s’il y a un truc qui ne tient pas de la réalité, ce sont bien ces émissions. Déjà, souvenez-vous, la première d’entre elles consistait à enfermer dans une grande villa plusieurs jeunes personnes, pas nécessairement sélectionnées pour l’importance de leur QI, et à les filmer 24 heures sur 24. Vachement réelle comme situation. Chacun sait que l’on fait cela tous les jours. Et puis dans la vraie vie, impossible de couper au montage les moments de vie que l’on ne veut pas voir pour ne garder que les « meilleurs ». Dans la vraie vie, la rencontre avec les gens qui partagent notre quotidien n’est pas le fruit d’un casting. Celui qui tend à sélectionner les profils qui feront le buzz, qui permettront de créer de toutes pièces des psychodrames à la noix (et je reste poli). Dans la vraie vie, on n’a pas, accrochée à nos basques, une équipe de télé au moment de faire la cuisine ou de déclarer, dans le pré, sa flamme à l’élu(e) de son cœur. Bref, il n’y a rien d’étonnant à ne pas se reconnaître dans ce théâtre jamais de très bon goût. Et puis, il ne faut jamais oublier ce que nous disaient nos parents à l’époque de notre téméraire jeunesse : quand on joue avec le feu, on se brûle

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 17:49

Publié dans le Courrier Picard le 23 février 2015

L.A. Woman des Doors. C’est le premier 33 tours que j’ai acheté au dé- but des années 70 et je l’ai encore. Comme tous les vinyles qui, ensuite, sont venus garnir mes étagères. C’est vous dire si je suis attaché à la conservation des objets et des symboles. C’est sûrement pour cela que la décision de la municipalité de Beauval de préempter, pour les sauver de la démolition, les restes du site Saint Frères m’est allé droit au cœur. Ce ne sont que quelques bâtiments en briques rouges ayant abrité des bureaux mais ce sont les dernières traces de la vie de cette usine à Beauval, un pan de notre histoire industrielle locale. Comme chez Cosserat à Amiens. Et c’est important de se souvenir. Toutes proportions gardées, à Berlin, après la chute du mur, on a détruit avec un enthousiasme compréhensible cette funeste construction avant de s’apercevoir qu’il était peut-être bon d’en garder un bout, comme un témoignage de cette incroyable page d’histoire. De même, pour ne pas oublier les horreurs de la barbarie nazie, on a conservé intacts des camps de concentration, ce qui au premier abord aurait pu surprendre. Et ces lieux de mémoire sont importants parce que, particulièrement en cette période agitée, ce sont des outils qui doivent permettre de tirer les le- çons de l’histoire. Comme celles de la montée des extrêmes, de la propagation des idées xénophobes, le repli sur soi et le nationalisme exacerbé lors de la première moitié du siècle dernier. Un peu plus de trente ans avant la sortie de L.A. Woman.

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 17:47

Publié dans le Courrier Picard du 02/02/15

Les 140 salariés de l’entreprise Sapsa Bedding à Saleux vont perdre leur
emploi. Que l’on soit à 1143 comme chez Goodyear, à 140 ou à 7 ou 8 ;
lorsque l’on perd son emploi, c’est violent, c’est angoissant et ça fait
mal. Et face à cette nouvelle disparition de notre territoire d’un site de
production, mes certitudes de bon consommateur tricolore sont un
peu ébranlées. Certes, depuis que je sais qu’ils sont fabriqués en
France, j’achète toujours la même marque de caleçons. On place sa
bonne conscience tricolore où l’on peut. Mais avant de choisir un matelas,
ai-je consulté l’étiquette pour savoir s’il était fabriqué en Chine,
en Albanie ou à Saleux ? Me suis-je assuré, un jour, en changeant les
pneus de ma voiture, que je m’étais procuré des Goodyear sortis de
l’usine amiénoise ? Difficile dans ce domaine de faire concorder nos
actes et nos beaux discours. D’autant qu’il n’est pas facile de s’y retrouver.
Entre une Toyota fabriquée à Valenciennes et une Renault
construite en Slovénie, quelle voiture acheter pour sauver la France ?
Autant d’interrogations qui me laissent à penser que face aux profondes
mutations que connaît l’économie mondiale, il est sûrement
bien illusoire de croire que nos réflexes « made in France » apporteront
à eux seuls la solution. C’est un peu comme vouloir endiguer une épidémie
avec une boîte de pansements. Déjà, rien que cette expression,
« made in France », choisie pour promouvoir les produits fabriqués sur
notre territoire… Arrêtez-moi si je dis une bêtise, mais si je ne
m’abuse dans « made in France » sur trois mots, il y en a deux qui ne
viennent pas de chez nous. On aurait dû se méfier.

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 14:56

Publié dans le Courrier Picard du 26/01/15

Vous êtes nombreux à avoir lu, notamment sur Internet, notre article sur la fermeture de la librairie Évrard. Et beaucoup d’entre vous ont regretté de voir une institution du commerce amiénois disparaître ainsi. Un peu tard toutefois. Les gens lisent de moins en moins, n’achètent plus de livres et s’étonnent que les librairies mettent la clef sous la porte. Il en va de même pour la presse. Le terrible attentat contre Charlie Hebdo et les manifestations qui ont suivi ont donné l’occasion de le rappeler: pour défendre la liberté de la presse, encore faut-il qu’il y ait une presse. Et plus que le terrorisme c’est l’économique qui est en train de la tuer à petit feu. Régulièrement sur la page Facebook d’Amiens, des lecteurs – ou plutôt des personnes qui aimeraient bien l’être – râlent avec plus ou moins de finesse parce que l’accès aux articles de notre journal est payant (après la première consultation). Ben oui… Les informations, dont les internautes sont visiblement friands, ce sont des journalistes qui vont les chercher, les vérifient et les mettent en forme. C’est leur travail. Vous accepteriez, vous, de travailler sans jamais recevoir de salaire? En achetant le journal, papier ou sur le net, vous permettez que les journalistes puissent continuer à faire leur boulot. C’est beaucoup plus efficace que d’aller manifester dans les rues, même si évidemment il était important de le faire. Et puis surtout, une question me brûle les lèvres. Si les réalités économiques conduisent à mettre en bière tous les journaux, qui à l’avenir payera les miennes?

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 17:56

Publié dans le Courrier Picard du 19/01/15

Que les gens sérieux aillent voir ailleurs si j’y suis. Quelqu’un qui propose dans son programme électoral de « vraiment mettre trois cailloux dans la rue des Trois-Cailloux », moi, ça me fait rire. Aussi n’ai-je été ni surpris ni choqué que nos lecteurs élisent Nicolas Belvalette, personnalité amiénoise de l’année. Voilà un monsieur qui à la tête de la liste du Parti sans cible avait réuni
lors du premier tour des élections municipales, 801 voix, soit 2,17 % des suffrages exprimés. En plus, il n’était même pas dernier ! Pas mal, pour une liste qui proposait également d’élargir le créneau horaire de l’apéro mais aussi, et à la lumière des événements d’aujourd’hui; ça prend tout son sens, 'l’érection d’un monument aux morts de rire". Il y a au moins deux leçons à retenir de cette nomination par nos lecteurs. La première c’est que les membres de partis politiques, élus divers ou qui aimeraient le (re)devenir, ont du pain sur la planche pour regagner la confiance et la crédibilité que leur accordent de moins en moins les Français. Autant que le chiffre croissant des abstentions et celui de l’inquiétante montée de l’extrême droite, le fait qu’une frange des électeurs leur préfère de joyeux loufoques qui tournent, avec talent, le petit jeu politique en dérision, devrait les interpeller et leur faire mesurer la largeur du fossé qui les
sépare des « vrais gens ». Et la seconde leçon c’est que même, ou plutôt surtout, à une époque où l’on assassine des dessinateurs de presse, les Français ont envie de rire. D’ouvrir régulièrement cette soupape de sécurité, de déverrouiller les zygomatiques. De ne jamais oublier que s’il faut faire les choses sérieusement, il est essentiel de ne pas se prendre au sérieux. Bref, de s’autoriser à prendre le parti d’en rire.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 17:48

Publié dans le Courrier Picard le 17/11/14

Ils n’ont pas de chance non plus les commerçants de la rue des Otages. Sous l’ancienne municipalité, les voitures ne pouvaient pas passer, ou si peu dans cette rue et ce n’était pas bon pour le commerce. Maintenant elles peuvent passer mais ne peuvent pas stationner et ce n’est toujours pas bon pour les affaires. Étrange réalité économique d’ailleurs que celle qui veut que les commerçants de cette artère se plaignent de la piétonnisation alors qu’à deux pas de là, les grandes enseignes se battent pour avoir pignon sur une rue où ne passent pas de voitures. Mais bon, là n’est pas la question et ces commerçants se souviennent qu’avant les véhi-
cules pouvaient stationner place René-Goblet. Certes, mais avant il y avait aussi un parking devant la gare, les voitures passaient rue des Trois-Cailloux et même place Gambetta. Des voitures sans airbag, ni pot catalytique. C’était l’époque où l’on fumait au bureau et où les pots de départ ne se faisaient pas au jus d’orange et au cidre doux. Et en plus, Jim Morrison n’était même pas mort. Bref, tout ça c’était avant. Depuis les villes n’ont cessé de grandir, de se densifier et d’accueillir de plus en plus d’automobiles. Et l’on ne peut pas indéfiniment les laisser toutes s’engouffrer dans ce goulot d’étranglement que sont les centres-villes en faisant croire à leurs conducteurs qu’ils vont trouver pile poil une place devant le magasin où ils ont décidé de faire leurs achats. Et l’actualité de la rue des Otages est là pour nous rappeler que ces réels problèmes de circulation ne se régleront ni en adoptant une position dogmatique genre « vous irez tous en bus ou à vélo », ni en décrochant simplement un sens interdit au bout d’une rue.

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 18:01

Publié dans le Courrier-Picard le 11 mars 2014

Difficile d’échapper à la mort ce week-end. Aux tombes et aux chrysanthèmes. Mais pour avoir regardé mardi dernier, « Un jour, une histoire » sur France 2, une émission consacrée à Simone Veil, mes pensées sont surtout allées à toutes ces personnes qui, elles, au cœur de l’horreur, n’ont pas eu le droit à une sépulture. Dans cette émission sur cette femme remarquable (qui a fait moins d’audimat que Brigitte Bardot, mais, bon, passons...), on la voit revenir à Auschwitz près de 60 ans plus tard en compagnie de ses enfants et petits-enfants. Et cette scène m’a remis en mémoire ma rencontre à Amiens avec Nisso Pelossof, aujourd’hui disparu. C’était en 2009 et lui aussi, 65 ans après, avait fini par accepter de revenir à Auschwitz dont il était le seul rescapé de toute sa famille, arrachée de son île de Rhodes un jour de 1944. Il avait accompagné en Pologne des collégiens de la Somme. Le jour de notre rencontre, Nisso Pelossof, photographe à Saint-Pierre et très connu à Amiens pour être à l’origine de l’association de sauvegarde des hortillonnages, m’a raconté cette étrange anecdote. Au moment de se recueillir sur une des plaques commémoratives, il s’est penché sur celle écrite en grec, son pays d’origine. Et il a prié. Mais comme il n’était pas pratiquant, lui qui avait été déporté ici parce qu’il était juif, a dit la seule prière qui lui est venue à l’esprit . « Mon épouse était catholique et comme à force de faire des photos de mariage, je connaissais cette prière par cœur, j’ai récité le Notre Père »...

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 15:16

Publié dans le Courrier Picard le 27/10/2014

Ils n’ont pas de bol les propriétaires d’appartement dans la tour Perret. Il y a bientôt dix ans de cela, on leur a collé au-dessus de la tête un cube en verre qui donne l’heure quand il s’allume. À condition évidemment de connaître l’âge du capitaine et la racine carré de 47 ou de 49 selon le sens du vent. Mais sinon, à part ça, c’est simple.

Toujours est-il que ce traitement sommital, comme il est d’usage de l’appeler, a fait grimper les charges des copropriétaires de manière vertigineuse. Terme particulièrement approprié dans ce genre d’édifice.

Le problème c’est qu’après avoir vu le danger venir d’en haut, voici que cette fois, la menace vient d’en bas. L’aménagement du Carré Perret prévoit un passage piétonnier sous la tour, en lieu et place des locaux actuels de Véloservice, propriété d’Amiens Métropole qui à ce titre participe au paiement des charges de la copropriété.

Et si ces locaux disparaissent, ça fera un propriétaire en moins et du coup les charges des autres copropriétaires vont augmenter. C’est mathématique.

Mais, apprend-on, la Métropole, bonne fille, planche pour trouver une solution qui lui permettrait de continuer à verser son obole et éviter ainsi aux copropriétaires un nouveau coup de fusil.

Ce qui revient à dire, arrêtez-moi si je dis une bêtise, que la collectivité cherche un biais pour payer quelque chose qu’elle ne devrait plus payer puisque le local n’existera plus… Tout ceci, accessoirement, avec notre argent. On vit une époque formidable, non?

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 19:23

Publié dans le Courrier Picard le 19/04/14

La France est championne d’Europe du nombre de communes. 36 681, là où l’Allemagne n’en compte que 11 253 et l’Italie à peine 8000. On peut regretter cet état de fait. Déplorer cette dilution des responsabilités. Estimer qu’à l’heure de l’Europe, la commune n’est plus un niveau pertinent de prise de décision. Trouver que cela coûte cher. Mais on peut aussi y voir l’étendard de la ruralité, l’image d’une France fière de la diversité de son territoire. Mais quoique l’on en pense, il se trouve qu’aujourd’hui ces communes existent et qu’elles doivent avoir les moyens de fonctionner correctement. Et l’habitant d’une commune de 78 personnes a les mêmes droits que celui d’une grande ville. Alors qu’un village comme Saint-Pierre à Gouy se dote d’une vraie mairie en dur, quoi de plus légitime? Surtout que les gens qui sont passés par ce village, un peu avant Picquigny en venant d’Hangest-sur-Somme, ont pu remarquer qu’elle n’a rien de fastueuse. Plutôt genre petite maison dans la prairie. Et si on veut traquer les dépenses publiques inutiles, il y a de quoi faire ailleurs. Comme avec ces élus de grande ville qui vont à Paris en voiture avec chauffeur plutôt que de prendre le train. Sans compter les fameux cocktails servis pour un oui ou un non. Et là, je sais de quoi je parle. En trente ans de carrière, j’en ai bu des coupes dans ces buffets officiels! Mais attention, moi, ce n’était pas pareil. C’était uniquement pour mieux me fondre dans la masse et aller quérir des informations essentielles. Pas du tout parce que j’aime le Champagne. Quasiment par obligation professionnelle…

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